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L'histoire d'Auvillar est ancienne, et la cité était déjà importante au 11 ème siècle. Elle était en effet le chef-lieu d'une vicomté distincte de celle de Lomagne. Son nom apparait dans les documentations à cette époque : Altivillaris ( Autvilar en occitan ancien ), puis Castrum altivilaris.
La découverte de pièces romaine et de statuettes laisse penser que le site était habité à l'époque romaine.
Il est probable que le Port fut habité avant la construction de la ville haute. La chapelle du Port date de l'époque carolingienne. Après avoir été démolie, elle fut reconstruite au 14 ème siècle sous les ordres du pape Clément 5.
Haultvillar apparait à la fin du 14ème siècle. Le nom d'Altavilla apparait au 15ème siècle, et il est dû à Aimeric de Peyrac.
Le vicomté d'Altavilaris, qui appartient à un fils du roi de France, Philippe le Bel, en1304, est donné à la famille Bertrand de Goth, futur pape. Celui-ci fait plusieurs séjour à Auvillar et demande la reconstruction de l'ancienne église.
Le château d'Auvillar a été détruit en 1572.
L'évolution de la population est suivie depuis le 19ème siècle. En, 1810, Auvillar comptait 2192 habitants. Le maximum a été atteint en 1831 avec 2302 personnes.

 

Les Sauvetés
Source : La Lomagne, fascicule trimestriel ( N°7 ), d'André Dupuy

Dans une donation faite à l'abbaye du Mas-Grenier, en 1015, figure la plus ancienne mention d'une sauveté du pays toulousain. Les sauveté consistait en la protection morale et physique assurée par les moines bénédictins dans le contexte de la "Paix de Dieu", mouvement né en Aquitaine en 989. En Aquitaine, le mouvement des sauvetés commença vers le milieu du 11ème siècle. Il s'agissait de petits villages d'hôtes, de céation préméditée, placés sous la protection de l'Eglise, protection symbolisée par la plantation de croix délimitant leur territoire. En Lomagne, il y en eu 3 : Saint-Sardos ( 1122 ), La salvetat d'Auvillar ( avant 1135 ) et celle de Saint-Nicolas ( 1135 ).
Celle d'Auvillar est devenue par la suite le faubourg de de la Salvetat. Le lieu n'était pas isolé car le vicomte de Lomagne et d'Auvillar y avait fait construire l'une des principales forteresses, même s'il ne s'agissait encore que d'une puissante tour, et au bas de la falaise, s'était établi un port où les gens se livraient soit à la pêche, soit au commerce. Une route de crête y aboutissait donnant encore plus d'importance à ce site placé sur l'un des principaux itinéraires des pèlerins de Compostelle.
Le territoire destiné à la sauveté dut faire l'objet d'une donation de la part du Vicomte mais nous ignorons au bénéfice de quel établissement religieux. Probablement l'abbaye de Moissac.
Cet espace de deux hectares et demi dans lequel était clôturé des maisons, des étables, des jardins, probablement des patus, finira, au fil des siècles, par se garnir entièrement d'habitations pour devenir un faubourg populeux de la ville nouvelle. Subsiste le nom de la rue de la Sauvetat.

 


Ancien blason
La cité auvillaraise avait un tel prestige que quelques seigneurs du Moyen Age décidèrent qu'Auvillar serait bien représentée par 2 tours chacune surmontée de 3 flèches, schématisation d'une demeure seigneuriale.
Mais ce blason n'était pas officiel.


Nouveau blason
Le Roi Louis XIV, qui cherchait des recettes supplémentaires, demanda aux communautés de faire enregistrer leurs armoiries. Cet enregistrement devait être établit sous 8 jours, sous peine de se voir attribuer un blason d'office. C'est ce qui arriva à Auvillar, qui reçu ce blason sans l'avoir souhaité.
Les vignes étaient nombreuses à cette époque et Auvillar était attaché à l'archiprêté du Brulhois, qui comprend la vicomté du Brulhois, la seigneurerie de Dunes et la vicomté d'Auvillar.
Ainsi s'explique la représentation des douves sur le blason et l'appellation des vins de Brulhois pour les vins récoltés dans la vicomté.

 

 

 

 


Histoire d'Auvillar d'après A. Lagrèze-Fossat (1868)

Auvillar est appelé Altivilaris ou Altavilla au moyen-âge ( version latine ) ou Haultvillar ( version romane ). Ce dernier nom fut conservé au 16ème siècle quand le français fut substitué au patois. Auvillar date certainement de l'époque gauloise et romaine, car on y a découvert une statuette de Vénus en bronze, des monnaies romaines en bronze également, d'autres en argent, à l'effigie de César.
Au moyen-âge, Auvillar était entourré de murailles, avec des tours et des bastions. La tour la plus élevée fut abattue par les révolutionnaires en 1794 et le dernier des bastions a été démoli en 1839.

Auvillar Cassini
sur cette carte de Cassini, on distingue les murailles
entourant Auvillar et les tours et bastions.


Trois portes donnaient accès à la ville : la porte de Saint-Pierre ( devant l'église - aucun vestige ), la porte de la Fontaine ( démolie au 19ème siècle probablement suite à un incendie ) et la porte d'Arnaud Othon ( était à l'emplacement actuel de la Tour de l'horloge ).
Le faubourg de la Salvetat, était protégé par une porte fortifiée, appelée porte de Lectoure.
L'église Saint-Pierre dépendait autrefois d'un couvent que les dominicains avaient fondé à Auvillar vers 1275. Elle existait déjà en 1186. Elle fut détruite en partie en 1570 par les calvinistes. La fenêtre à ogive et la rosace datent du 14ème siècle, comme la grande portion de l'église actuelle ( 1340 ). A l'époque de sa reconstruction ( 14ème siècle ), l'église fut surmontée d'une tour carrée, qui fut battue en brêche pendant les guerres civiles et religieuses du 14ème siècle et démolie en 1794.
L'église Sainte-Catherine est située au Port. Elle fut reconstruite de 1305 à 1314 par Bertrand de Goth ( pape Clément V ).
Le château :
Marguerite d'Orléans se marie le 9 octobre 1509 avec le Duc d'Alençon et reçu de son frère Fraçois 1er les Vicomtés de Lomagne et d'Auvillar. Son mari étant mort en 1525, elle se remaria en 1527 avec Henri d'Albret, roi de Navarre. Les protestants conservèrent Auvillar jusqu'en 1571, date de la reprise de la ville par les troupes royales, au mois de juin.
Aussitôt ( en 1572 ), les habitants d'Auvillar, pour se venger des excès et sévices des huguenots et pour se venger de Henri de Navarre, leur chef, démolirent de fond en comble le château Vicomtal qui avait été réparé et embelli en 1562.
Le roi de Navarre repris d'ailleurs Auvillar où il séjourna du 13 au 15 novembre 1574, mais il se garda de reconstruire le château.
On ignore si les souterrains qui en dépendaient existent encore au-dessous de la place du château.


Les Vicomtes

Le Vicomte d'Auvillar en 1030 s'appelait Arnaud Odon. En 1035, Vivien, successeur d'Odon, attaqua la ville et le monastère de Moissac et les livra aux flammes, après les avoir pillés. A la moitié du XII ème siècle, le vicomte s'appelait Saxet, celui-là même qui donna les us et coutumes à Auvillar.
Son successeur fut un autre Odon ( surnommé Bernard ) de 1147 à 1174. Vésian succéda à Bernard Odon.
C'est des hauteurs d'Auvillar que Vésian et son fils Odon, attendaient les bateaux qui descendaient ou remontaient la Garonne, pour leur prélever des droits de navigation, par la violence parfois. Les consuls de Toulouse réunirent en 1204 une armée communale et vinrent assiéger Auvillar. Le 14 juin, la paix fut conclue et il fut décidé que les habitants de Toulouse ne paieraient que les anciens droits de passage ( la leude ).
En 1217, le vicomte était Vivien. Odon, le fils de Vivien succéda à son père.
Le successeur d'Odon fut Arnaud Othon. Vésian, son fils, lui succéda.
La vicomté d'Auvillar était possédée en 1304 par un des fils de Philippe le Bel, Philippe V. Ensuite, il y eu : Jean 1er, Jean II en 1373, Jean III en 1383, Bernard VII en 1391, Jean IV en 1418, Jean V fut assassiné à Lectoure sur ordre de Louis XI en 1473. Les domaines d'Auvillar furent confisqués puis remis à Charles d'Armagnac en 1483.
François 1er transmis les droits à Charles, duc d'Alençon, et à Marguerite d'Orléans, femme de ce dernier. Le duc d'Alençon meurt sans enfants, et sa veuve épousa Henri d'Albret II, dont ell eut Jeanne d'Albret, mère de Henri IV. Une fois roi, Henri IV réunit à la couronne les domaines de la maison d'Armagnac. Les habitants eurent donc pour seigneurs :
Vicomtes de Lomagne et d'Auvillar jusqu'en 1279.
Comtes de Périgord de 1279 à 1304.
Philippe, fils du roi, de 1304 à 1319.
Comtes d'Armagnac de 1319 à 1526.
Rois de Navarre de 1526 à 1589.
Rois de France de 1589 à 1789.


Les us et coutumes d'Auvillar

Elles existaient avant d'avoir été écrites, pour constituer une sorte de code. Elles étaient rédigées en principe en latin, puis en roman ( 1265 ) apr Pierre de Carbiran, notaire de Lectoure. Les franchises et libertés étant plus grandes avec les nouvelles coutumes, les auvillarais payaient au vicomte une rente annuelle double, deux cent sous au lieu de cent sous.
Ces coutumes furent confirmées au château de Montamat ( près de Moissac ), au sommet de la colline de Sainte-Livrade, le 14 mars 1279, en présence de personnalités locales, notamment la veuve d'Arnaud Othon et Arnaud Barada, notaire à Auvillar. L'acte fut écrit sur deux parchemins reliés ensemble. Ces coutumes furent confirmées par Jean II en 1387. Et ensuite en 1515, par Charles duc d'Alençon au château d'Amboise.

Titre 1er : état des personnes :
Les habitants d'Auvillar étaient séparés en deux groupes : les hommes libres
( désignés comme "habitants" ) et les serfs. Les hommes libres étaient subdivisés en deux classes, la classe des populaires ( nombreux et pauvres ) et la classe des prud'hommes ( nobles, clercs et bourgeois ). Les hommes libres jouissaient des franchises et libertés de la coutume, comme les étrangés qui s'établissaient à Auvillar, pour permettre d'augmenter le nombre d'habitants. les hommes libres ( qui avaient le droit de quitter Auvillar librement ) étaient admis sur les listes communes dès l'âge de 12 ans.

Titre II : état de la communauté :
La communauté d'Auvillar était constituée de tous les hommes libres et était gouvernée par des consuls et des prud'hommes.
Les revenus communaux consistaient dans le produit de la taille, des quêtes, des immeubles ( places et trous à fumier ), des rentes et des émoluments ( les leudes, amendes ).

Privilèges :
Il y avait un marché par semaine et deux foires pas an, qui duraient chacune huit jours ( octave de Pâques et avant la fête de la sainte-Catherine ).
Il était interdit de faire entrer du vin étranger dans le village, pour mermettre de vendre le vin d'Auvillar plus cher.
Exemption des droits de leude et de péage pour les auvillarais.
Les auvillarais avaient le droit de posséder des biens, s'ils habitaient en dehors de la ville.

Titre III : état de l'adminstration municipale :
L'administration municipale était constituée du corps consulaire et du conseil des prud'hommes. Cela subsiste toujours, avec d'un côté le maire et ses adjoints, et de l'autre les conseillers municipaux. A Auvillar, le conseil des prud'hommes était formé de dix membres. Les consuls étaient renouvelés tous les ans à Pâques.

Titre IV : état du seigneur :
le lien féodal reposait sur le serment réciproque du seigneur et de la communauté.
Lorsque le seigneur voulait faire la guerre, tous les hommes capables de porter les armes étaient assujétis au service militaire, pourvu que la guerre eût lieu dans la vicomté ou dans l'intérêt de la vicomté.
Droit sur les moulins. Les moulins à Nef auvillarais n'étaient pas placés au centre de la Garonne, mais amarrés à des chaussées que les propiétaires eux-mêmes avaient construit ou qui appartenaient au seigneur. Ceux qui apportaient du blé au moulin devaient donner au leudier préposé au pesage une livre de blé par setier et une demi-livre par demi-setier.


Droits de port ou de pontonnage :

Il s'agissait des droits de navigation, mais aussi pour les personnes qui traversaient la Garonne et entraient dans le port. Ceux qui n'avaient ni boeuf ni bouviers en étaient affranchis. Idem pour les femmes sans montures.
Il y avait deux droits de port ou de pontonnage :
- Droits ordinaires : pour une paire de boeufs, une conque rase de bon blé de semence. Pour un boeuf, un setier. pour un travailleur de terre, une cartière. Pour un homme étranger, une maille, avec possibilité de payer en monaie d'Agen. Pour un homme avec monture, deux sous arnaudins ou un morlaix. Pour 4 hommes, un sou de morlaix ou deux arnaudins. Les droits appartenaient par tiers au seigneur vicomte, aux autres seigneurs et aux bourgeois.
- droits extraordinaires : les droits étaient tous pour le seigneur, et étaient perçus en temps de foire.

Droits pour les boucheries :
Redevance due pour les porcs, les boeufs et les vaches débités dans les boucheries.

Droits de fournage ou de four banal :
Pour le seigneur qui jouissait de ce droit dans l'enceinte de la ville. Tous les fours appartenaient au seigneur. Tous les habitants étaient tenus de cuire le pain aux fours du seigneur, mais pouvaient choisir leur fournier. Les fourniers veillaient à la cuite du pain avec le plus garnd soin.

Leudes du marché :
Des leudes étaient perçues le mercredi de chaque semaine, jours de marché à Auvillar. Le seigneur n epercevait de leude que sur le sel vendu devant les maisons. Celui qui vendait du sel devait permettre au leudier de prélever sur ce sel la quantité qu'il pouvait en retenir entre les 3 premiers doigts de la main droite, c'est à dire une grosse pincée.

Leudes des foires :
Tous les habitants d'Auvillar étaient affranchis de ces leudes. Même choses pour les acheteurs qui portaient eux-mêmes les objets achetés.

Droit de pesage et de mesurage :

Ce droit appartenait pour moitié au seigneur et à la ville. Il était d'un denier.

droits de justice :
Gages que la coutume attribuait au seigneur ou à la communauté. Ils n'avaient pas un caractère de sanction, comme les amendes.

Amendes :
Comme les gages, les sommes allaient pour moitié au seigneur et à la ville. Elles étaient prononcées par les consuls. Elles concernaient notamment ceux qui avaient violé les coutumes, ou insulté le seigneur et ceux qui étaient convaincus du délit d'adultère ou de fornication. A Moissac, l'adultère était un crime, mais à Auvillar, ce n'était qu'une amende de 65 sous, et ceux qui ne pouvaient payer, devaient de courir la ville tout nu !

Confiscations :
Au profit du seigneur. concernait le vin entré frauduleusement dans la ville, lorsqu'il n'avait pas été récolté sur le territoire d'Auvillar, et les armes de celui qui succombait dans un duel judiciaire, les biens de celui qui avait volé pendant la nuit, s'il était condamné à mort. aussi, les biens de celui qui avait volé en plein jour.

Taxes sur les maison et les cordonniers :
Un denier arnaudin devait être payé chaque année, par tout propriétaire d'une maison ou d'une façade sur une rue, et par tout maître cordonnier travaillant en boutique.

Rente communale :
Elle devait être payée tous les ans au seigneur par la communauté. Elle était de cent sous et fut portée à deux cent sous en 1265.

Droit de forestage :
Droits sur les produits de la taille.

Droit de vente ou de mutation :
Un denier arnaudin pour tout emplacement dans la ville.

Droit de déshérence :
Le seigneur pouvait user de ce droit un an et un jour après un décès, de celui qui était mort dans la ville, sans héritiers.

Les devoirs du seigneur :
Il était inclus dans les us et coutumes d'Auvillar, tous les devoirs que le seigneurs était tenu de respecter, sous peine de voir les habitants se faire justice eux-mêmes en vertu des droits de légitime défense, et d'être ainsi privé de ses gages.

Les duels judiciaires :
Les habitants e la ville d'Auvillar n'étaient pas obligés d'accepter le défi de vider un différend ou de repousser une accusation les armes à la main. Si le défi était accepté, les deux champions devaient s'entendre sur le choix des armes. Ils devaient encore attendre 40 jours avant le duel, pour laisser le temps de trouver les armes et se préparer. Les armes devaient être de la même espèce, de la même longueur et comparées avec soin par les juges avant le combat. Le combat terminé, la cou n'intervenait que pour constater le résultat et sanctionner le jugement de Dieu.

Crimes, délits et contravention :
A l'époque, il y avait des dénonciateurs, alors qu'aujourd'hui, ce sont les victimes qui portent plainte. La personne dénoncée n'avait pas droit aux dommages et intérêts, même s'il était reconnu innocent.

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